L'arrivée à Le Palais: Le port.

Chercher la porte de Locmaria. La petite voûte que l’on prend en arrivant de Locmaria par le sentier côtier. Vous arrivez devant les fortifications de l'enceinte urbaine de Palais. Sur votre droite, un profond fossé, taillé dans le roc et maçonné. A gauche avant le tunnel de la petite porte de Locmaria, vous entrez là dans un ensemble unique d’architecture militaire du 19è siècle. Proposée par Vauban dès 1683, l’enceinte ne fût commencée que sous le 1er Empire (1804-1814) et terminé qu’à la fin du 2nd (1852-1870) ! Elle se compose de deux portes, Vauban et Bangor, au milieu de l’enceinte, de trois bastions reliés par des courtines, et de deux réduits de place d’armes. Commençons donc la visite par le fossé entre le bastion 19 et la contrescarpe casematée un peu dégradée. Prendre à droite dans le fossé, puis entrer sur votre gauche dès que possible dans la contrescarpe casematée devant la pointe du bastion. La visite vaut le coup d’œil, et ne présente pas de réel danger si l’on est vigilant. Prendre le temps d’habituer vos yeux à la faible lumière. Quelques « pièges » comme le sol humide, une racine ou bien encore plusieurs pierres peuvent vous faire trébucher. Donc comme d’habitude regardez bien où vous mettez les pieds ! En suivant les casemates voutées, on arrive au réduit H où l’on ressort. Le réduit H se visite de bas en haut. Au niveau du fossé, pénétrer alors dans le réduit H pour ressortir par la droite sur le chemin couvert. Tout au long du chemin couvert sur votre gauche, le glacis. Le chemin mène au réduit G. Il serait franchement exceptionnel que vous n’entendiez pas quelques klaxons. En effet avant d’entrer dans le réduit G, vous passez sur la porte Bangor où les voitures se croisent. Entrer dans le réduit G puis à droite pour retrouver le fossé. Une fois dans le fossé, la porte Bangor à votre droite, suivre à gauche le fossé en direction du bastion 21. Le chemin est clairement signalé. En suivant de bout en bout le fossé, vous arrivez le long du mur crénelé qui intégrait l’hôpital dans l’enceinte de ville (hôpital fondé en 1660 à l'initiative de Nicolas Fouquet et sa dame) et sur le plan d'eau de la Saline, l'arrière-port de Palais. La visite des fortifications n’est pas finie. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises mais nous vous invitons maintenant à faire un petit tour par le port de la Saline. Le nom de l’arrière-port est dû aux marais salants qui ont existé à partir de 1714 à l’initiative de Madame Fouquet. Aujourd’hui, il n’y a plus que des bateaux de plaisance. Mais la Saline fût surtout à partir du milieu du 19è, au temps de la pêche, de la marine à voile et en bois, un lieu d'intenses activités. Plusieurs sardineries s’installent. Mais il est aussi occupé par plusieurs chantiers de constructions navales qui sortaient, tant pour Belle-Ile que pour les ports voisins, des canots, des chaloupes, des dundees. Trois corderies, une voilerie et trois scieries à vapeur complètent l'ensemble. Le dernier chantier a stoppé ses activités en 1934. Face à vous, encore une fortification, et en-dessous un joli bâtiment au toit de tuiles qui rappelle le bon vieux temps. On y a longtemps fabriqué des voiles. Attention à la circulation dans la capitale ! A gauche, prendre le trottoir le long du quai Albert Roussel. Le terrain au fond de la Saline est aujourd’hui encore occupé par un chantier naval. En suivant le port, on se retrouve sur l’autre rive, la rive Eva Jouan, une poêtesse belliloise. Cette vieille maison à l’architecture typique fût une ferme et aussi une brasserie tenue en 1764 par un irlandais resté après le départ des Anglais. Après avoir fait le tour de la Saline, prenez le pont de l’Hôpital, appelé aussi pont Orgo (pont du forgeron), puis juste en face la rue Joseph Le Brix, toujours appelée par les habitants « rue de l’hôpital » et ceci depuis le 18è siécle.. C’est la rue la plus ancienne de Palais. Elle est crée dès le 17è siècle alors que les Palantins sont obligés de quitter l’ancienne ville située non pas comme aujourd’hui de ce côté du port, mais plutôt près de la citadelle, dans le quartier de Haute-Boulogne. C’est Vauban qui fît déplacer les habitants afin d’assurer l’efficacité de la citadelle. Cette rue aujourd’hui presque déserte a été pendant longtemps très animée. Les premiers magasins, échoppes et ateliers font place au cours des époques aux cabarets, lieux de perdition et aux auberges sous la révolution et l’empire avec l’arrivée massive de militaires. Avant la construction des quais, cette rue était l’unique rue pour rallier les quartiers de la Saline, et de l’hôpital au centre ville. La rue aux couleurs défraîchies a gardé beaucoup de maisons anciennes. Le chemin qui prend sur la droite, la ruelle Mercier, montait autrefois principalement aux casernes. Continuer la rue Le Brix vers la place Bigarré, puis plus loin la place de l’Hôtel de ville et l’église de Palais. Elle vaut aussi le coup d’œil. L’intérieur dans le style art-déco, les vitraux, les fonts baptismaux et les orgues sont exceptionnels. Passer sous le porche de l’Hôtel de ville, et monter la ruelle qui longe l’ancien marché couvert puis le cinéma de Belle-Ile. A gauche plus haut, prendre l’escalier où furent photographiés aisément au cours des temps tous les nouveaux mariés de Palais ainsi que leurs convives. En haut, un atelier de tissage, tourner à droite puis au bout entrer en face dans le bois. Vous êtes revenus dans les fortifications de l’enceinte urbaine. Laisser la ruelle Mercier à droite, la ruelle ainsi que la rue de la poudrière à gauche. Une fois dans les fortifications, suivre les chemins bien tracés. Ce premier chemin descend vers l’hôpital sans l’atteindre. On doit ensuite emprunter un souterrain pour remonter au niveau du bastion 21. En suivant la courtine 20-21, on surplombe la ville. La vue est magnifique. On arrive alors au-dessus de la porte Vauban. Sur votre gauche, les casernes des militaires. En face, la citadelle. Après le réduit B, on arrive au réduit A. A partir de 10h00 environ, mais aussi plus tard dans l’après-midi, vous pouvez visiter la Maison de La Nature située dans le réduit A. La visite des fortifications sera terminée lorsqu’en sortant du réduit A, vous emprunterez la coupure 18 jusqu’au bout. La vue sur le port de Palais et sa rade est très belle. Vous êtes là-haut dans le « quartier de la Montagne ». De grands bâtiments anciens rappellent encore une fois les conserveries de poissons, et un passé glorieux. Descendre vers le port par la rue fortifiée des Remparts, puis la rue de l’Escalier dont les marches sont taillées dans le roc et jusqu’en bas, la rue Jules Simon (encore nommée rue du Port). La rue Jules Simon sépare le quartier de la Montagne du quartier des Sables. A droite, vous voici, sur le quai face au débarcadère, à l’avant-port, les deux digues et les deux phares. La configuration actuelle du port date des années 1890. Les bateaux de pêche, les bateaux de plaisance, et le canot de sauvetage y trouvent un mouillage permanent abrité alors que port d’échouage et le bassin en eau profonde derrière l’écluse sont inaccessibles à marée basse. Une balade le long du quai est pour le voyageur une source d’inspiration... Nous vous laissons donc libre d’observer l’activité locale si trépidante à chaque nouvelle arrivée du bateau. La visite continue par le quartier des Sables, le quai de l’Acadie, le quai de l’Yser, et enfin le quai Vauban. Le quartier des Sables, face à la citadelle, est bâti sur une ancienne plage. Il est bordé sur les trois côtés par des quais. Jusqu’à la fin de la pêche à la sardine, toutes les ruelles encombrées sentent le poisson. Au 18è siècle, les pêcheurs habitent tous les étages. Au rez-de-chaussée, il y a des magasins de pêche, des presses à sardines puis des conserveries, mais aussi de nombreux cabarets. Sur le quai de l’Acadie par contre dès la fin du 19è siècle, les petits cabarets des pêcheurs sont remplacés par des cafés-terrasses. Les calèches et les premiers taxis proposent leurs services comme aujourd’hui encore. C’est le début du tourisme… Face au quai de l’Yser, la citadelle domine. Jusqu’à la construction de l’avant-port, le chenal entre le quai de l’Yser et la citadelle est la première entrée du port. Au pied même de la citadelle, un quai dit chemin de halage. Etroit, il n’a jamais vraiment été développé car les militaires occupant la citadelle craignait qu’un agrandissement facilite l’arrivée d’un éventuel ennemi. Après le quai Vauban, on arrive à la place de la République (place du marché). Jusqu’à l’arrivée de Vauban, la première ville de Palais se situe à l’emplacement des glacis de la citadelle. La place de la République n’est alors qu’un joli vallon verdoyant. La construction des quais a permis le développement de ce quartier. Aujourd’hui, le marché quotidien anime la place tous les matins de l’année. C’est le cœur de Palais et même de tout Belle-Ile. En regardant vers l’avenue Carnot, observez bien le grand bâtiment au-dessus de la banque. L’air de rien, cette magnifique construction a traversé les époques et vu bon nombre de visiteurs dont les familles acadiennes arrivées à Belle-Ile en 1765 dans ses murs. C’est l’une des plus anciennes bâtisses de Belle-Ile. « La maison de la Seigneurie » date de Nicolas Fouquet, marquis de Belle-Ile de 1658 à 1661. Elle est construite sur une pente au pied de « la montagne ». Derrière l’immense bâtiment, la rue de la Manutention, et le magasin aux Avoines. L’avenue Carnot monte vers la monumentale porte Vauban. Dès les années 1700, on construit des maisons le long de cette voie importante car la place de la République est déjà trop construite. Toutes les façades et les maisons sont assez remarquables jusqu’en haut. Cette grande rue a changé plusieurs fois de nom au cours de l’histoire. Après la place du marché, longer le quai vers l’écluse.Le quai Jacques Le Blanc, du nom d’un grand navigateur bellilois, fils d’acadien, n’existe que depuis le 19è siècle.Avant la circulation se faisait par la rue de l’Eglise et la rue Joseph Le Brix. L’espace entre les maisons et la grève sert à la pêche. Dans les pièces basses des maisons sont aménagées des presses à sardines. L’installation du quai en 1841 réhausse le niveau de la chaussée. Il faut depuis descendre quelques marches pour y accéder. Les maisons s’agrandissent par encorbellement. Il arrive encore que la marée envahisse le quai. Les propriétaires installent alors des « barres d’eau » devant leurs portes. Prendre la passerelle qui relie les deux rives du port. Il semblerait que de tous temps, il y ait eu un passage à cet endroit. Dès 1685, Vauban pense qu’il faudrait une écluse. Mais celle-ci ne sera installée qu’en 1844. Suivre le chemin qui entre dans le fossé de la citadelle. Visite du musée et de la citadelle Vauban. Une fois dans les fortifications impressionnantes, la promenade permet de s'imaginer l'activité militaire d'une telle forteresse quand 10 000 hommes se battaient pour défendre Belle-Ile et la patrie. Son importance s'explique par la situation stratégique de l'île, dont la possession signifiait le contrôle de toute la côte depuis la Bretagne jusqu'au Poitou. L’édification commandée par Vauban lors de ses trois visites sur l’île en 1683, 1685, et 1689 est lancée sur les vestiges d’un ancien monastère du 10è siècle, du château des Gondi du 16è, et de la forteresse de Nicolas Fouquet du 17è. Elle fut aussi un célèbre lieu de détention notamment pour certains prisonniers politiques de l’époque ; les complices de Cadoudal qui voulaient reverser le Ier consul, Placide Toussaint-Louverture (un Haïtien) qui conduisit la révolte des esclaves en 1791 se ralliant à la France révolutionnaire qui abolit l’esclavage en 1794, les socialistes révolutionnaires Barbès et Blanqui, des communards en 1870, puis les prisonniers allemands de la 2nde guerre mondiale. Propriété privée depuis 1960 de Monsieur et Madame Larquetoux, ouverte au public, elle retrace aujourd’hui 4 siècles d’histoire belliloise. Une fois dehors par la sortie (de secours) vers le nord, laisser l’escalier couvert qui mène au sentier côtier pour suivre le mur de l’ancienne « Colonie agricole et maritime de Belle-Ile. Elle fut créée le 20 mai 1880 avant de devenir « Maison d’éducation surveillée » jusqu’en 1978. Derrière la haute muraille extérieure garnie de tessons de bouteille, dans la cour de Haute-Boulogne, un faux trois-mâts servait à l’instruction d’une centaine de colons, de jeunes mineurs délinquants. Un incident tragique eut lieu en mer le 7 août 1908. Quatre détenus tuèrent leur surveillant. Les assassins furent condamnés à de lourdes peines mais l’incident déclencha une série d’enquêtes et d’articles de presse. Entre Palais et Sauzon, le domaine de Bruté-Souverain accueillit en même temps une grande quantité d’enfants. Les activités de l’agriculture et du bâtiment y étaient enseignées. Il y eut une révolte en 1934. Les détenus se répandirent au dehors. Le tambour de ville fut chargé d’annoncer qu’une prime serait versée pour chaque enfant ramené. Cela inspira à Jacques Prévert un poème : « La chasse à l’enfant ». Longer le mur jusqu’aux réservoirs d’hydrocarbures. Passer devant pour rejoindre le village Roserières et tout droit le château Fouquet. Ce n’est en fait qu’un grand pavillon construit pour le marquis de Belle-Ile vers 1659. Il fut épargné par Vauban lors de l’établissement des glacis, étant trop loin de la citadelle. Ce n’est plus qu’une ruine. Au carrefour tourner à gauche en direction de Bellevue puis rapidement encore à gauche par un petit chemin ombragé dit « sente des fées » pour descendre à Pontorgo. Vous arrivez derrière une autre des plus anciennes maisons de l’île, « la maison du jardinier du roi », datée 1683. Traverser prudemment la route et prendre en face la rue qui descend vers le pont de l’hôpital. En bas prendre à gauche, traverser à nouveau prudemment la route, pour passer devant la Poste, et les pompiers. Passer à nouveau sur l’écluse, et prendre en face la rue de la Citadelle qui mène à la place Bigarré, puis à la place de l’Hôtel de Ville. Face à l’église, prendre la rue de Verdun sur la droite. Elle découvre de vieilles belles maisons pour mener aux casernes de l’avenue Jules ferry. Loger les militaires cantonnés à Belle-Ile fut de tout temps un problème. Souvent les soldats logent chez l’habitant ou campent. La caserne Willaumez est bâtie en 1812. Lorsque l’armée quitte Belle-Ile en 1920, la caserne est désaffectée. Tout droit, entrer dans la poterne de l’enceinte urbaine. Elle mène à la citerne qui assure une réserve d’eau potable pour la caserne.
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